Si créer son entreprise peut paraître simple de première vue, les questions et les doutes tendent à fuser lorsque le projet prend un caractère plus concret. En effet, les entrepreneurs en herbe s’interrogent sur leurs futures finances, sur les aides à leur disposition, sur les démarches à réaliser… De nombreuses interrogations restant parfois sans réponse se transforment en véritables freins. Voilà pourquoi Réunions de consommateurs a aujourd’hui décidé d’aborder toutes les questions en lien avec la création d’entreprise. Focus.

Création d’entreprise : la question de l’emploi

Qui dit « création d’entreprise », dit souvent « démission ». Si certains entrepreneurs commencent l’aventure tout en conservant leur emploi, d’autres préfèrent s’y consacrer totalement et quittent leur travail. C’est d’ailleurs à ce moment que les choses ont tendance à se compliquer. Oui, car, démission rime avec perte de revenu et absence de chômage. Alors, quelles sont les solutions qui s’offrent au créateur d’entreprise ?

La première : vous disposez des finances nécessaires pour subvenir à vos besoins le temps que votre société devienne rentable. Dans ce cas, il vous suffit de donner votre lettre de démission et de démarrer votre nouvelle activité à l’issue du préavis légal.

La seconde : si votre employeur y est enclin, rien ne vous empêche de négocier une rupture conventionnelle. Si cette procédure ne vous ouvre pas de droits au chômage, elle vous permet tout de même de bénéficier de l’ACCRE. « L’ACCRE ? Kézako ? ». Il s’agit d’un dispositif destiné aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise et qui permet de leur faire bénéficier d’une exonération temporaire de cotisations sociales. En fonction des cas, le créateur peut également obtenir une aide financière.

La troisième : prendre un congé pour création d’entreprise. Peu de salariés le savent : un employé peut demander à son employeur un congé visant à lui dégager du temps pour monter et développer son entreprise. Le salarié peut également opter pour un temps partiel. Pour ce faire, il doit adresser sa demande à son employeur par lettre recommandée avec accusé de réception au minimum deux mois à l’avance. Notez également qu’il faut avoir une ancienneté d’au moins deux ans pour prétendre à ce dispositif. Les avantages de ce système : le salarié continue de toucher une partie de son salaire (s’il choisit de passer en temps partiel) en attendant que son activité décolle. Le mi-temps est un moyen de garder un pied dans l’entreprise au cas où la société de l’entrepreneur ne connaîtrait pas le succès prévu.

Notez toutefois que l’employeur peut refuser la demande de congé pour création d’entreprise si la société (de l’employeur) compte moins de 200 salariés et si le départ de l’employé porterait préjudice à la société.

Création d’entreprise et aides financières

Un des freins des entrepreneurs : les moyens financiers. En effet, tout le monde ne dispose pas des fonds nécessaires à la création d’une activité. Heureusement, le système a prévu quelques dispositifs pour aider le créateur à conserver la tête hors de l’eau.

 

L’ACCRE : nous vous en parlions plus haut dans cet article. Les bénéficiaires de l’ACCRE jouissent d’un allègement de cotisations sociales pendant 4 ans. Qui plus est, ces derniers peuvent continuer à percevoir leurs allocations chômage ou du moins une partie en fonction du chiffre d’affaires de la société créée.

Il se révèle également intéressant de se rapprocher des collectivités locales de son territoire. En effet, chaque commune met sur pied des dispositifs différents. Prenez le temps de vous renseigner en amont.

Création d’entreprise : conseils et business angel

Autre frein à la création d’entreprise : le besoin de conseils. S’il existe de nombreux cabinets de conseils, les nouveaux entrepreneurs sont rares à se tourner vers eux par souci d’argent. Mais saviez-vous qu’il existe une panoplie d’organismes et d’associations qui viennent gratuitement en aide aux entrepreneurs ? Une fois de plus, il peut s’avérer intéressant de se rapprocher de la mairie de sa commune pour prendre connaissance des différents organismes qui offrent ce type de service.

Autre solution : le business angel. Il est ici question d’une personne physique qui investit de l’argent et du temps dans une jeune entreprise qui semble, de son point de vue, posséder un potentiel de développement attractif. Ce mécène permet de lancer une entreprise bien plus rapidement qu’en temps normal. Les business angels sont, la majeure partie du temps, des chefs d’entreprise (en activité ou retraités) souhaitant faire fructifier leur argent et l’utiliser à bon escient. En plus d’apporter des fonds (particulièrement utiles au lancement d’une nouvelle société), le business angel est souvent source de précieux conseils. Rien ne vaut l’expérience !

Création d’entreprise : prévisionnel et étude de marché

La plupart des guides de création d’entreprise recommandent fortement de réaliser un prévisionnel et une étude de marché. Les entrepreneurs en herbe sont nombreux à vouloir tirer un trait sur ces démarches qu’ils considèrent souvent comme étant facultatives. D’autres sont parfois trop optimistes et tombent de haut lorsqu’ils n’atteignent pas les objectifs fixés. La question à se poser est donc la suivante : à quoi servent ces deux documents ?

1 – Le prévisionnel

Le bilan prévisionnel est une partie du business plan. Celui-ci correspond à l’aspect finances. Comme son nom l’indique, il donne une idée, plus ou moins précise, du chiffre d’affaires et des bénéfices de la future entreprise. Le prévisionnel est, en général, composé d’un bilan, d’un budget, d’un plan de financement, d’un compte de résultat, d’un solde intermédiaire de gestion et de quelques tableaux.

 

Alors, pourquoi faire un bilan prévisionnel ?

Vous comptez demander un prêt à votre banque ? Dans ce cas, il faudra obligatoirement présenter ce document. En effet, votre conseiller aura besoin d’être convaincu. Il ne vous prêtera rien si vous n’êtes pas en mesure de lui prouver que votre activité sera rentable.

Le bilan prévisionnel est un outil de travail sur lequel le créateur d’entreprise pourra s’appuyer tout au long de l’aventure. Voyez le prévisionnel comme un ensemble de lignes directrices qui aide l’entrepreneur à se fixer un but et à l’atteindre.

En plus de mettre en lumière les multiples difficultés auxquelles l’entrepreneur aura à faire face, le prévisionnel permet de souligner les incohérences financières au sein du projet. Vous l’aurez compris : ce document minimise les erreurs et permet de rectifier le tire.

Nous vous le disions : les créateurs sont bien souvent trop optimistes quant à leur bilan prévisionnel. C’est pourquoi il est fortement avisé d’être « pessimiste » afin de ne pas être déçu par la suite.

Il est recommandé de se tourner vers des professionnels pour mettre sur pied un bilan réaliste et de qualité qui réussira à convaincre les banques de vous prêter les fonds nécessaires au lancement de votre activité.

2 – L’étude de marché

L’étude de marché est un document indispensable à la création d’entreprise. Ce dernier vous aidera à déterminer votre clientèle cible, d’identifier vos concurrents, de déterminer un prix de vente, de choisir vos moyens de distribution et de vous rapprocher au plus près des souhaits de vos consommateurs potentiels. Réaliser une étude de marché est une étape essentielle pour mettre toutes les chances de son côté.

Création d’entreprise : quel statut choisir pour ma société ?

Autoentrepreneur, entreprise individuelle, EIRL, EURL, SASU, SARL, SAS, SA… Pas évident de s’y retrouver dans cette panoplie de statuts juridiques ! Alors, comment faire le bon choix ? Focus sur chaque statut.

1 – L’autoentreprise et l’entreprise individuelle : « pourquoi aborder ces deux statuts en même temps ? ». Très bonne question ! La réponse : à l’inverse de ce qu’on a tendance à penser, l’autoentreprise n’est pas un statut, il s’agit d’un régime spécifique à l’entreprise individuelle. Voyez l’autoentreprise comme une « option » de l’entreprise individuelle. Avant de se pencher sur les différences, voyons de plus près les caractéristiques communes à ces deux types de société.

 

Comme leur nom l’indique, l’autoentreprise et l’entreprise individuelle ne peuvent être montées que par une seule et même personne. Vous ne pourrez pas avoir d’associés. Ces deux firmes sont représentées par des personnes physiques. En clair, la société et le patron sont indissociables. La conséquence : vous engagez votre patrimoine professionnel, mais également votre patrimoine personnel. En cas de dette, vos créanciers auront la possibilité de saisir vos biens personnels.

Quelles sont les différences entre l’autoentreprise et l’entreprise individuelle ?

Les artisans choisissant l’autoentreprise n’ont pas l’obligation de suivre le stage post-installation.

Les commerçants optant pour l’autoentreprise n’ont pas à déclarer leur activité au RCS

Toujours dans le cas de l’autoentreprise, les charges sont réglées mensuellement ou trimestriellement. Le chiffre d’affaires est plafonné à 81,500 euros pour les commerçants et à 32,600 euros pour les prestataires de service. L’impôt lui est calculé sur le chiffre d’affaires. Si l’entreprise est déficitaire, le dirigeant devra quand même payer des impôts.

Les autoentrepreneurs ne payent pas de TVA. Ils ne la facturent pas non plus.

Pour ce qui est de l’entreprise individuelle, les cotisations sociales doivent être réglées de manière anticipée. La régularisation se fait par la suite, en fonction de la rémunération de l’entrepreneur.

À l’inverse de l’autoentreprise, le dirigeant d’une entreprise individuelle doit tenir une comptabilité particulièrement rigoureuse.

Les charges de l’entreprise individuelle ne sont pas soumises à l’impôt.

 

Toujours dans le cas de l’entreprise individuelle, la TVA est facturée et récupérée.

Si l’entreprise individuelle est déficitaire, le dirigeant peut bénéficier d’une réduction d’impôts.

2 – L’EIRL : il s’agit ici encore d’un statut qui s’adresse à l’entrepreneur individuel. À la différence des deux précédents, le chef d’entreprise peut protéger son patrimoine personnel en le dissociant de son activité professionnelle. On parle de responsabilité limitée. Il est possible de choisir entre l’impôt sur le revenu ou sur l’impôt sur la société

3 – L’EURL : ici non plus, vous ne pourrez pas vous associer. Vous serez le seul maître à bord. Pour ce qui est de la responsabilité, seuls les apports sont concernés (mis à part dans le cas d’une erreur de gestion où vos biens personnels pourraient être engagés).

Impôt sur le revenu, impôt sur la société… Le choix est vôtre.

Vous aurez l’obligation de désigner un gérant, mais aussi de rédiger des statuts.

L’EURL permet de transmettre le patrimoine lié à l’entreprise bien plus facilement qu’en temps normal.

Question formalités, ces dernières sont plus importantes que celles des statuts décrits précédemment.

4 – La SASU : la SASU est, en réalité, l’équivalent du statut SAS, à la différence qu’il n’y a qu’une seule personne à gérer l’entreprise. Le capital minimal s’élève à 1 euro.

Vous êtes ici considéré comme dirigeant, mais également comme salarié, ce qui offre de nombreux avantages.

Autre plus : les dividendes versés ne sont pas soumis aux charges sociales (il faudra tout de même s’acquitter des prélèvements sociaux usuels de 15,5 %).

5 – La SARL : la SARL s’adresse aux personnes souhaitant s’associer. Le nombre d’associés peut s’élever à 100 personnes. Ces derniers peuvent aussi bien être des personnes morales que physiques. La responsabilité se limite aux apports réalisés par les associés. C’est ce qu’on appelle le capital social.

Autre plus : les associés sont libres de vendre leurs parts sociales s’ils le souhaitent.

6 – La SAS : toujours destinée aux individus souhaitant monter une société à plusieurs, la SAS ne requiert pas de capital minimal. Le nombre d’associés (moraux ou physiques) n’est pas limité. Dans certains cas, il est possible de faire en sorte que les bénéfices soient imposés de la même manière que l’impôt sur le revenu.

7 – La SA : le statut de la société anonyme est bien plus exigeant que ceux cités précédemment. En effet, celui-ci requiert 7 associés minimum si l’entreprise est cotée en bourse. Elle doit également mettre sur pied un conseil d’administration comprenant entre 3 et 18 personnes. Le capital social minimal s’élève à 37,000 euros. Cette somme peut être versée de manière progressive sur les 5 premières années suivant la création de l’entreprise. Les dirigeants peuvent être assimilés salariés, ce qui représente un très bel avantage. Dans la plupart des cas, l’impôt sur la société est obligatoire.

Au vu de la complexité de la structure, l’intervention d’un commissaire aux comptes est nécessaire.

Il ne vous reste plus qu’à lancer votre activité !

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